À la bonne Sainte-Force

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Gérer sa musique sans iTunes

1 octobre 2012

Chère amie, cher ami,

Voilà, ça fait une quinzaine d'années qu'on a commencé à faire des librairies dans les programmes : pour gérer ses photos, sa musique, ses documents, ses objets, etc. Ça brille et c'est high-tech. Certains commerciaux sans scrupule iront même jusqu'à dire que la présence d'une librairie est un argument de qualité, voire de classe. Gérer les fichiers qui représentent votre musique, c'est pas classe, qu'on nous dit ! Mettez donc ces fichiers dans une librairie qui vous permet de gérer des lignes qui représentent les fichiers qui représentent votre musique, c'est bien plus simple ! Voilà le chemin pris par iTunes et bien d'autres. C'est bien beau la classe, mais ici on s'y connait en classe, et y'a un problème : c'est pas ça, la classe.

Car pour ces industriels dont les créations négligées façonnent nos vies, la classe, c'est d'être chic dans sa manière de s'habiller. Excuse-moi de dire ça, chère lectrice, cher lecteur, mais ils confondent un peu tout. Ils font un amalgame entre la coquetterie et la classe. Ils sont fous. Ils nous font dépenser tout notre argent dans les habits et accessoires de mode, mais ils sont ridicules. Enfin, si ça nous plaît, c'est nous qui les portons. Mais moi, si tu veux mon opinion, ça fait un peu… has been.

La vache !
La vache !

Le principal problème, c'est que les deux structures dissemblables que sont, d'une part, l'ensemble de ta musique sur ton disque, et d'autre part, l'ensemble de ta musique répertoriée dans iTunes, n'apparaissent pas comme une seule et même entité. Quand tu enlèves un fichier sur ton disque, parce qu'en tant que fichier il pèse bien trop lourd pour une mixtape de si basse qualité, tu peux être certain(e) de le retrouver quand même dans iTunes, et de voir qu'il est manquant lorsque la vue de son titre te donnera envie de te pourrir les oreilles dans six mois. On peut se dire que je viens de pointer un doigt un défaut d'implémentation, mais essaie d'enlever un de ces cinquante albums de Casiopea. Tu verras alors que le logiciel te demande si tu veux enlever la ligne dans iTunes ou bien le fichier qu'il représente. Le modèle conceptuel que le système essaie de nous faire gober distingue bien les deux structures dont je parlais. Un rapide tour du côté d'autres logiciels de gestion de librairies achèvera de te convaincre de la réalité de ce phénomène.

Je ne suis pas concepteur de logiciel pour cul-qui-brille, mais je crois que cette dichotomie existe pour permettre aux baiseurs de ménagère que nous sommes de gérer finement notre collection de bordel. J'y vois plusieurs intérêts :

  1. il est possible de filtrer certains éléments sans pour autant les effacer;
  2. et on peut afficher en un seul endroit de la musique provenant de plusieurs endroits.

Ces deux raisons ne justifient pas de créer une librairie et d'avoir l'air cool. Ne rentrons pas plus dans les détails et supposons qu'il n'est vraiment pas classe d'utiliser un logiciel basé sur une librairie.

Quelques applications proposent de lire plusieurs musiques à la suite, avec plus ou moins d'options, et sans trop parler de ces librairies qui font fuir la Sainte-Force comme Bouga fait fuir les cafards avec un peu de Baygon :

  • Vox;
  • Cog;
  • VLC;
  • ou tout autre nom de trois lettres.

Prenons donc Cog, qui est assez vieux et pas trop développé, mais qui remplit bien ses fonctions. Pour lire sa musique, il suffit de la trouver, sous forme de fichier ou de répertoire, dans le Finder (d'où le nom), puis de l'ouvrir avec Cog. En maintenant la touche ⇧, il est même possible d'ajouter les morceaux choisis à la suite de la liste de ceux déjà présents, de manière à faire comme un vrai petit DJ. Grâce à Spotlight, par exemple, retrouver l'album ou l'artiste qui nous intéresse est très rapide, et cela offre l'immense avantage d'utiliser la même procédure que pour chercher des photos nues de l'artiste. À condition d'avoir Quicktime Player tout le temps allumé, il est même possible de se servir des touches media du clavier sans qu'iTunes vienne s'incruster.

Il ne nous reste plus qu'un moyen rapide de lire des musiques ou des dossiers de musique dans Cog, lorsque l'application qui ouvre les MP3 par défaut n'est pas Cog (pour des raisons personnelles). Avec Porkcuts, c'est rapidement chose faite, en personnalisant le ficher porkcuts dans le répertoire ~/Musique où résident la plupart des tubes que j'adore :

"If this is not the topmost porkcut loaded, add a separator."
(Pork cuts menu numberOfItems > 0) ifTrue: [
	Pork cuts menu addItem:(NSMenuItem separatorItem).
].

"Play in Cog"
thisFile := Pork cuts invokedURL path.
item := NSMenuItem alloc init.
item setTitle:'Play in Cog'.
item setKeyEquivalent:'p'.
item setKeyEquivalentModifierMask:0.
item setTarget:[ :sender |
	NSWorkspace sharedWorkspace openFile:thisFile withApplication:'Cog'.
	].
item setAction:#value:.
Pork cuts menu addItem:item.

"Enqueue in Cog"
thisFile := Pork cuts invokedURL path.
item := NSMenuItem alloc init.
item setTitle:'Enqueue in Cog'.
item setKeyEquivalent:'p'.
item setKeyEquivalentModifierMask:NSShiftKeyMask.
item setTarget:[ :sender |
	src := NSAppleScript alloc initWithSource:'tell application "System Events" to key down shift'.
	src executeAndReturnError:nil. 
	NSWorkspace sharedWorkspace openFile:thisFile withApplication:'Cog'.
	src := NSAppleScript alloc initWithSource:'tell application "System Events" to key up shift'.
	src executeAndReturnError:nil. 
	].
item setAction:#value:.
Pork cuts menu addItem:item.
A mettre dans le fichier Porkcuts qui vit dans votre dossier de musiques

Une fois la bonne musique trouvée, un coup de ⌘⌥⌃Espace invoque le saint-Porkcuts. Ensuite, il suffit d'appuyer sur P pour lire le morceau tout de suite, ou bien d'appuyer sur ⇧P pour le mettre à la fin de la liste de lecture. Ça marche également avec un dossier et n'importe quoi d'autre, à vrai dire.

Te voilà libéré(e) des chaînes d'iTunes. Tu y reviendras bien vite, et tu te demanderas pourquoi. Dans tous les cas, si tu veux me parler envoie-moi un… FAX !

Au plaisir de te lire,
Hubert Sainte-Force